L'abbé de l'Épée fut, en 1760, le premier entendant à s'intéresser aux modes de communication des « sourds-muets » en observant un couple de jumelles sourdes communiquer entre elles par gestes ; il découvre l'existence d'un début de langue des signes. Il décide alors de regrouper les enfants sourds pour les instruire, il apprend lui-même la langue des signes grâce à ses élèves et ira démontrer les progrès obtenus jusque devant la cour du roi. C'est ainsi qu'il pourra ouvrir une véritable école pour sourds qui deviendra l'Institut national des jeunes sourds, aujourd'hui mieux connu sous le nom d'Institut Saint-Jacques (à Paris). À sa mort en 1789, c'est l'abbé Sicard qui lui succédera et qui tentera maladroitement d'imposer un langage gestuel conventionné et agrémenté de « signes méthodiques » qui sera abandonné par la suite
Pourtant, les entendants oralistes considèrent que les sourds doivent apprendre à parler pour s'intégrer dans la société française. Le congrès de Milan en 1880 — où n'étaient réunis pratiquement que des entendants — décrète l'interdiction de l'utilisation des dialectes patois. La langue des signes est donc supprimée de l'enseignement. Trois raisons sont invoquées : la LSF n'est pas une vraie langue, elle ne permet pas de parler de Dieu et les signes empêchent les sourds de bien respirer, ce qui favorise la tuberculose. Cette interdiction a duré près de cent ans : dans les écoles, les professeurs étaient entendants et utilisaient la méthode oraliste. Mais, pour autant, la LSF n'a pas disparu car, regroupés entre eux dans les écoles, les sourds se la transmettaient de génération en génération, la plupart du temps pendant la récréation, puisqu'il était interdit de signer en classe.
En 1991, la loi Fabius favorise le choix d'une éducation bilingue pour les sourds : LSF et français écrit et oral. En février 2005, une loi décrète la LSF comme langue officielle en France
Aujourd'hui, ce sont des instituts plus ou moins privés ou des associations qui ont de nouveau intégré la LSF dans leur enseignement. Les professeurs sourds ne sont pas reconnus de façon officielle par l'Éducation nationale et ce sont des professeurs entendants qui signent, aidés par des éducateurs sourds.